Mon Paris...

P'tit bout d'amour,
Sirop d'ma rue,
Mon coeur est gourd,
Quand j'te vis plus.

vendredi 30 janvier 2015

Saillie "Ecce homo"


" Tout homme peut aisément, par la pensée, orner le réel et imaginer l’impossible. Mais certains possèdent à un tel degré cette faculté de métamorphose que pour eux le monde imaginaire est aussi vivant et beaucoup plus précieux que le monde sensible. Ce sont les artistes ". (Pierre Louÿs, Pour bien comprendre Aphrodite)
1870-1925

Sur une image, 

Saillie «Ecce homo», 


Fatras de corps insanes en offrande perverse,
Qui crache le fèces putride qui s’ « averse »,
Vaguant la purulence en un ru de misère, 
Où sombrent les harpies qui embrasent l’enfer. 

Corolles écartelées qui gerbent de fornique,
Seins gonflés de ce mal qui n’est que pus biblique,
Baisers tisons magmas, laves d’ultimes feux,
Qui irisent d’éclairs les brassages pouilleux. 

Aux croupes enhardies dansent les lourds phallus,
Qui suintent leur ordure en giclées détritus, 
Veinant la vile ride des impurs corps violés,

Qui flétrissent, soieries mille fois déchirées.
Les galbes vultueux jonchent le caniveau
Où l’humain se complait au nom d’ "Ecce pourceau". 


liedich, le vingt-neuvième de janvier 2015, ev


lundi 22 décembre 2014

Quand, maintenant,






Quand je saurai que rien est tout, 
Que le début n’est que le tout, 
Quand je verrai de mes yeux clos
L’horreur de tout ce qui est beau, 

Quand je sentirai la mélasse
Comme la plus douce des nasses,
Quand j’entendrai le vrai silence
Et que les riens hurleront stances,

Quand je goûterai l’insipide
Comme une saveur intrépide,
Quand je toucherai l’irréel,
Fut il immonde comme bel, 

Alors je deviendrai un homme,
Qui point n’aura croqué la pomme.
Et je vivrais la déraison
Comme fruit de douce raison. 

 Mais pour ce il me faut partir, 
Car ce monde n’a de plaisir.
Alors je m’en vais pour l’errer :
Pour ce dussè-je m’enterrer.

 Le temps n’existe pas...
Alors date il n’est pas.

Joyeux Noël à Vous. 

liedich alias michel guillemard,  


dimanche 5 octobre 2014

Spleen

Collection personnelle liedich


Le  boudoir est brouillard, baigné d’éther lubrique,
L’oeillade ravageuse est faux air de cantique,
La hanche est arabesque où s’érige l’envie :
Lors naissent mille alcools qui subliment la nuit.

Vautrée au lit de fioles tintant la détresse, 
Offrant ta bouche fraise ès une impure hôtesse, 
Jurant mots orduriers qui subliment l’invite, 
Tu crées le fol instant où l’amour n’a plus rite.

Eux balbutient des mots qui chantent la déprave,
Braguettes emprisonnant  les coquettes en rage,
Et prières que porcs, ils lâchent en rôtant,

Tandis que ta corolle est rosée du levant.
Puis vient la délivrance et son cortège vil :
Monte au gré de leurs mains le parfum du viril,

Alors que tu te pâmes en verbes déraison.
Quand s’évanouit l’envie perlée en les parterres, 
Se meurent les relents des pauvres vies amères : 

Vomissant leur présent, ils invoquent l’enfer...

Avant que tu técoules au lit de l’illusion : 
Toi, reine évanescence de la tentation.


liedich

mercredi 24 septembre 2014

Ma Sophie



moi j’étais «ton poète»
TOI, T’étais ma Prairie...

T’es partie à l’automne et comme feuille d’or,
Le souvenir tu poses en le doux mot d’encor,
Que je crie à ton coeur dont battement m’était
La joie de tant de jours à l’immense bienfait.

moi j’étais «ton poète»
TOI, T’étais ma Prairie...

Tu étais mon Eté et tes mots de sagesse,
D’espoir en certitude résonnaient comme liesse :
Que j’aimais t’écouter quand tu me rassurais
Alors que ta santé peu à peu t’emportait. 

moi j’étais «ton poète»
TOI, T’étais ma Prairie...

Le temps s’est rafraîchi, ce semble être l’hiver
Et pourtant je me chauffe à tant de nos hier, 
Car le flocon léger me reste la douceur
Que tu savais chanter à mon bien triste coeur.

moi j’étais «ton poète»
TOI, T’étais ma Prairie...

Je souris car je sais que dès lors le printemps, 
Nous sera pour toujours bourgeon de chaque  temps ;
Garde moi une place près de Toi en le ciel,
Que je puisse te dire mille mots arc-en-ciel.

Je serai ton poète,
En infinie Prairie. 
Dès lors sera la fête :
Tu m’es si tendre Mie.

Ben Voui...



liedich

mercredi 17 septembre 2014

Encor,

Les mendiants - Bruegel - Domaine public




Je me veus troubadour en ce siècle sans rêve, 
Je me veus chevalchier quand l’amour n’a plus sève, 
Corir vers Douce Dame en foi et fin-amor,
Et coutiver au soir la Belle et son trésor.

Je fais fi des vautours aux deniers pour seul rêve, 
Je fais fi des seigneurs qui d’honneur n’ont plus sève,
Et me veus mendiant, chantant tel un « Renart*»
Mots fiels et satyr sur leur monde cornard. 

Vole mon destrier de nuage en averse,
Et que mon vil propos jamais ne trouve cesse,
Sauf le jour où Jésus, en glaive de justice,

Ceindra leur port altier de cuisante silice.
Alors  nous, les « Vils Gueux » disciples du souffrir
Trouverons en ton sein le plus doux des jouir.

liedich, le treizième de septembre An 2014


* Roman de Renard