Tristán e Isolda, Rogelio de Egusquiza (1845-1915). Musée des Beaux-Arts de Bilbao.
À mon Yseult,
Que n’êtes-vous point là, Dame, pour me chérir,
Et pallier de vos mots mon instant de mourir,
Irisant du sourire, qui me fut horizon,
Le venir de demain qui me serait prison.
Aurai-je donc pêché, vous aimant par trop mal,
Ne fus-je donc assez la musique du bal
Qui vous semblait porter à cette quintessence,
Et dont vous étiez fleur en sa plus belle essence ?
Mais je sais le pardon que je vous dois offrir,
Vous qui m’avez quitté en le plus noir souffrir.
Que de lunes levées sans que je vous ressente
À mon côté, perdu, tant vous m’étiez absente.
En ce demain d’espoir, je saurais reconnaître,
La haut en les prairies où il fait si bon paître,
Votre galbe de soie, et, enfin nous vivrons
L’univers que sera notre seul unisson.
Ouvrez le ciel, Madame, et dites à Saint Pierre,
Qu’est monté de la terre l’humus de notre lierre,
Que Tristan pleure Yseult et que seul en sa nue,
Se pourra vivre enfin la passion absolue.
Que je vous aime, Yseult.
"Le roi Marc’h prend la mer, ramène les corps des amants et les fait inhumer en Cornouailles, l’un près de l’autre.
Une ronce pousse et relie leurs tombes.
D’autres disent que c’est un rosier qui fleurit sur la tombe d’Yseult et une vigne qui orna celle de Tristan, et tant ils sont liés l’un à l’autre que quiconque ne sut et ne saura les séparer.... "






